Un film réalisé par le Club de Pêche Sportive Forez-Velay

 

1 – L’aube de la mouche artificielle française

Dès la fin du 18ème siècle et au début du 19ème siècle, l’apparition de la “mouche fouettée” transforma la pratique de la pêche à la mouche mais surtout la “mouche” elle-même, ainsi que la mentalité des pêcheurs concernés.

Les artificielles utilisées jusque là se noient irrémédiablement. De nouveaux modèles, plus fournis, munis de cerques, conçus pour flotter par leurs propres moyens s’imposent.

Ce que l’on perdit dans l’animation, “le vivant”, on s’efforcera de le compenser par une plus grande ressemblance de l’artificielle à l’insecte.

Ainsi sont nés:
les cerques
les ailes
les stades: subimago, imago, spent, nymphe.

Cette recherche de transposition de l’image des genres d’insectes et de leurs stades de vie sera le grand courant de cette période jusqu’à la veille de la deuxième guerre mondiale.

L’éphémérologie y gagnera beaucoup et donnera un grand élan à la recherche de l’authentification des insectes aquatiques.

“’L’ART MODERNE DE LA CONFECTION ET DE LA CODIFICATION DE LA MOUCHE ARTIFICIELLE ETAIT NE !”.

Si l’extraordinaire monopole technique et linguistique anglais pesait encore lourdement sur la pratique de la mouche, on vit au milieu du 19ième siècle quelques individualités s’efforcer de créer des artificielles issues de leurs observations et de leur conception.

Ce fut le cas d’Amédée GROS, de ROUSSILLER, du père BAUD et même d’un des plus anciens précurseurs français, bien de chez nous, né en 1875 sur les bords de la Loire, à BAS EN BASSET (43), le père Jean-Marie JOURGET. Ce dernier partait tôt le matin sur la rivière l’ANCE DU NORD, afin d’observer les exuvies des nymphes et leur envol, pour dès son retour, se mettre au travail afin de réaliser la mouche du jour. Il créa, ainsi, plusieurs collections d’artificielles, d’après nature, qui firent l’objet d’une exposition en 1905 à Lyon.

C’est dans cette atmosphère et à cette époque que débute l’œuvre littéraire de Léonce VALETTE, alias “de BOISSET” car né en 1884 à NOTRE DAME DE BOISSET près de ROANNE dans le département de la LOIRE.

Ce passionné de nature et de pêche, par une heureuse coïncidence, rencontra “l’artiste” Gérard de CHAMBERET et le “biologiste” le docteur MASSIAS, l’un et l’autre non moins passionnés de pêche et de nature.

Leurs efforts de recherche et de création “en commun” durant cinq années permettront d’authentifier précisément les familles d’insectes aquatiques communément rencontrés sur nos eaux et d’en livrer l’examen détaillé de leur anatomie.

De ces longs et fastidieux travaux, naissent sous les doigts du créateur de talent Gérard de CHAMBERET, secondé par son épouse Germaine, trente quatre modèles de mouches artificielles qui s’efforcent de réaliser la meilleure synthèse de ressemblance pour une même famille d’éphémères.

Ces modèles porteront la qualification entomologique des insectes auxquels ils se rapportent. Cette série de mouches reçoit le nom de “Série GALLICA” et la qualité de cette création originale s’affirmera à travers le monde.

Léonce de BOISSET traduit la réalisation de ces travaux et de leur application dans un ouvrage promis à la célébrité “ Les mouches du pêcheur de Truites” en 1939.

2 – Le Sanctuaire de CHARETTE (Saône et Loire)

Très tôt en 1928 Gérard de CHAMBERET et son épouse avaient installé sur la berge gauche du Doubs, dans le petit village de CHARETTE, un atelier de confection de mouches artificielles.

Là, parmi la population féminine paysanne des alentours, ils formèrent des monteuses aux doigts de fée. Si leur œuvre au début se limitait à la reproduction de modèles anglais, cela ne pouvait indéfiniment satisfaire l’esprit de ce couple épris de créativité et de poésie naturelle.

Des séries originales ou anglaises “à la française” naquirent.
Les créations et la grande qualité des productions de CHARETTE acquirent une très grande renommée en FRANCE et à l’étranger.
Cette unanimité trouva sa consécration dans ce qu’il fut désormais convenu d’appeler “le Sanctuaire de CHARETTE” où tous les grands noms du monde de la mouche se devaient de passer.

Gérard de CHAMBERET mourut brutalement et prématurément le 8 Juin 1941. Dans une FRANCE envahie et désorganisée par la guerre, Germaine de CHAMBERET se retrouvait seule avec, ainsi qu’elle se plaisait à le dire, “ses filles”, les fées de CHARETTE.

Le Sanctuaire de la mouche française allait-il disparaître?

Malgré des difficultés de toute nature, parfois insurmontables, cette Comtoise aussi distinguée qu’obstinée dans sa simplicité releva le défi brutal du sort…avec “ses filles”.
Le terrible cauchemar de la guerre terminé, le sanctuaire retrouva éclat et liberté. Germaine de CHAMBERET poursuivit le haut niveau de qualité et de renommée de CHARETTE jusqu’aux années 60.

En quarante années, 15 000 modèles d’artificielles y avaient vu le jour. La “Grande Dame de la Mouche” et les “fées de CHARETTE” avaient ouvert toutes grandes les portes de l’histoire à la mouche artificielle française de grande tradition.

3 – Le legs de Mme Veuve Gérard de CHAMBERET

En 1981, Madame Veuve Gérard de CHAMBERET a fait donation en toute propriété au Club de Pêche Sportive Forez-Velay de l’ensemble des collections de modèles originaux de Mouches Artificielles créées par son époux, Gérard de CHAMBERET. Elles portent généralement la marque “Fées des Eaux”.

Gérard de CHAMBERET (1887 – 1941) est considéré comme l’un des pionniers de la pêche à la mouche en France.

Le Club est très fier d’être le dépositaire et le conservateur de la fondation de la mouche artificielle en France.

Ces collections originales sont présentées régulièrement au public, et principalement tous les 2 ans au Salon international de la Mouche Artificielle de Saint-Etienne

Série Gallica-3